Les marchés financiers américains ont affiché une surperformance notable par rapport à d'autres zones géographiques ces dernières années, tirant les indices mondiaux vers le haut. Dans des contextes successifs d'atterrissage contrôlé à la suite du Covid, de crise inflationniste en 2022, de boom des valeurs technologiques, de politique en faveur des investissements et de dollar fort, les Etats-Unis ont permis à de nombreux investisseurs d’engranger de belles performances, particulièrement en 2024.
Si de nombreux indicateurs restent au vert outre-Atlantique, d’autres éléments peuvent faire craindre que les plus belles années boursières des Etats-Unis soient derrière nous. Dans ce contexte, découvrez l’analyse de Sapians et les pistes stratégiques qui vous permettront d’investir aux Etats-Unis.
Notre analyse sur l’année 2024
Différentiel de performance entre les États-Unis et l’Europe
Au cours de l’année 2024, la bourse américaine a de nouveau devancé ses homologues européens et français :
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Le S&P 500 s’est maintenu à un niveau élevé, soutenu par la croissance des valeurs technologiques et la solidité de la demande intérieure. L’indice américain affiche une performance de plus de 33% sur l’année 2024.
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Le CAC 40 et d’autres indices européens, bien qu’en hausse, ont évolué en retrait, illustrant le différentiel de valorisation entre les deux continents. L’indice MSCI Europe n’augmentait en effet que de 8% et le CAC40, bon dernier de la classe, affichait une timide hausse de 1%.
Cette meilleure performance des actions outre-Atlantique s’inscrit dans une tendance de plus longue date. Sur la dernière décennie, le S&P500 progresse en moyenne de 14,7% par an et l’indice NASDAQ, concentré sur les valeurs technologiques américaines, affiche quant à lui une performance annuelle moyenne de 19,7%. A l’inverse, l’Europe ne progressait que de 6,6% par an sur les dix dernières années.
Depuis 1987, sur 12 mois glissants, les marchés américains surpassent 59% du temps les marchés européens, soutenus par une croissance économique plus robuste et une supériorité microéconomique (innovation, rentabilité des entreprises, génération de BPA, etc.).
En devise locale, la surperformance américaine est déjà marquée, mais convertie en EUR, elle s'accentue davantage. Historiquement, l’Europe affiche une réaction amplifiée lors des baisses (Beta - de 0,95) et une montée plus modérée lors des hausses (Beta + de 0,62) traduisant sa vulnérabilité relative.
Pourquoi les États-Unis sont les grands gagnants de 2024 ?
1. La robustesse inattendue de l’économie
La robustesse de l’économie américaine a fait mentir bon nombre d’économistes et stratégistes. Il y a un an, alors que le scénario de récession était encore privilégié, c’est finalement l’atterrissage en douceur qui s’est confirmé en 2024.
Nous notons avec une pointe d'ironie que, comme souvent, la plupart des analystes des plus grands gérants d’actifs internationaux se sont trompés sur leurs prédictions. Cela renforce notre conviction en faveur de la gestion passive, que nous détaillerons plus bas.
Malgré un taux de chômage historiquement bas, les soutiens budgétaires aux consommateurs boostent la consommation. Bien que cela puisse sembler contre-intuitif, ces mesures ont permis de doper l’économie américaine, mais pas sans conséquence : le déficit se creuse… Un frein pour la politique de Donald Trump ?
2. L’effet Trump : business first
L’élection de Donald Trump a en partie contribué à la hausse des marchés américains. Lors de son dernier mandat, les marchés étaient globalement haussiers, portés par sa politique très libérale et « pro business ».
Les États-Unis bénéficient d’un marché financier intégré et profond, où les entreprises peuvent lever rapidement des capitaux pour financer leur expansion.
3. La tech : grand facteur de performance des indices US
Les géants de la Tech (Microsoft, Nvidia, Apple, Alphabet, Amazon, Meta, etc.) ont largement propulsé la croissance du S&P 500. Aujourd’hui, le secteur TMT (Technologie, Médias, Télécommunications) représente environ 40 % de cet indice, un plus haut depuis plusieurs décennies.
Les « Magnificent 7 » ont largement bénéficié de l’essor de l’intelligence artificielle, secteur très à la mode qui concentre une masse conséquente des investissements internationaux.
4. Poids des ETF et force du dollar
Le phénomène de concentration des indices, que nous développerons ensuite, est accentué par l’afflux massif d’épargne à destination des ETF (Exchange Traded Funds). Les fonds de pension américains (publics et privés) alimentent continuellement les marchés actions, créant un afflux massif de liquidités. Cette demande structurelle, associée à une politique monétaire encore accommodante et à la force du dollar, renforce le pouvoir d’achat des investisseurs US.
En effet, lors des phases de crise ou d'incertitude, le dollar américain se renforce, renforçant la surperformance des actifs américains. Cet effet refuge accentue l'écart de performance entre les deux marchés au détriment de l’Europe.
Les Etats-Unis ont régné sur 2024. Même si nous pensons que cette situation va durer, les attentes (valorisations) sont élevées et 2025 risque d’héberger un bras de fer entre Jerome Powell et Donald Trump.
Pourquoi l’Europe est à la traine en 2024 ?
Même si la récession en Europe est évitée pour l'instant, les indices PMI montrent une économie en zone de contraction, renforçant le sentiment de stagnation et le risque de voir cette économie plonger…
L'inflation dans la Zone euro se rapproche de l'objectif de 2 % fixé par la BCE. Cette évolution ouvre des marges de manœuvre pour un assouplissement monétaire encore plus important, ce qui pourrait stimuler la consommation et relancer la croissance.
Cependant, la récente réélection de Trump a exacerbé de nombreux problèmes européens. Avec sa politique protectionniste, l’impact des taxes sur les pays européens pourrait être significatif selon les estimations de GSAM, compliquant ainsi la reprise du vieux continent.
Malgré un environnement économique morose et une sous-performance, la marge d’action de la BCE et des valorisations attractives pourraient permettre une revalorisation des marchés européens, à condition que des surprises positives émergent.
Quels risques sur le marché américain ?
Surprises économiques
En 2025, les marchés financiers pourraient être marqués par une volatilité accrue, sous l'effet d'un ajustement des valorisations, de surprises sur les politiques monétaires et d'une adaptation aux incertitudes économiques, notamment liées aux évolutions géopolitiques et à la transition énergétique. Mais le contexte macroéconomique de fond reste porteur avec une santé financière solide des entreprises et des ménages.
Une concentration des indices à surveiller
Le phénomène de concentration actuelle du marché américain prend trois formes :
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Géographique : Le poids des États-Unis dans l’indice MSCI World est monté à plus de 70 %, témoignant d’une domination sans précédent.
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Sectoriel : Comme indiqué, le secteur TMT frôle les 40 % dans le S&P 500.
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Microéconomique : Les dix plus grosses capitalisations boursières pèsent jusqu’à 37 % de l’indice, un record historique.
Cependant, la concentration n’est vraiment préoccupante que si elle n’est pas justifiée par les fondamentaux. Or, les leaders de la Tech présentent des résultats solides, d’importants investissements en R&D et des perspectives de croissance soutenues. Leur surperformance économique se traduit logiquement par une surperformance financière.
Par le passé, on a déjà observé des pics de concentration (années 1960 autour de l’industrie et du pétrole, puis en 2000 avec la bulle internet). La différence majeure aujourd’hui réside dans la rentabilité avérée de ces géants technologiques et leur rôle incontournable dans l’économie numérique.
Risque d’inversion de tendance : faut-il s’inquiéter ?
Les craintes d’une possible inversion de tendance existent, en particulier si la concentration devenait excessive au point de déconnecter complètement les cours de la réalité économique. Cependant, la phase actuelle diffère de la bulle internet de 2000 :
- Les entreprises à forte capitalisation sont rentables et déjà bien implantées sur leur marché.
- Les innovations technologiques (cloud, intelligence artificielle, e-commerce, etc.) génèrent d’ores et déjà des revenus conséquents.
- Les multiples de valorisation sont élevés mais pas nécessairement exorbitants, comparés à la croissance attendue.
Comment investir aux États-Unis tout en maîtrisant son risque ?
Rester exposé aux ETFs “darwinistes”
Les ETFs sur le S&P 500 ou le NASDAQ captent la dynamique des segments les plus performants. Ils sont régulièrement réajustés en fonction des évolutions du marché, ce qui permet de profiter du « darwinisme » de la gestion passive (les entreprises les plus solides y gagnent du poids).
De façon plus globale, l’ETF MSCI World, représentant les pays développés, permettra facilement de s’exposer aux marchés américains, du fait de leur pondération importante dans l’indice, tout en diversifiant sur d’autres zones géographiques.
> Article complémentaire : Quel ETF choisir pour une allocation performante et résiliente ?
Regarder les small-caps et envisager la gestion active
L’un des risques évoqués plus haut est celui de la valorisation des sociétés. En effet, les plus grandes sociétés américaines affichent des niveaux de valorisation très élevés en bourse, alimentant les craintes d’une surévaluation.
Pourquoi ne pas se tourner vers les plus petites entreprises, moins fortement valorisées mais dotées de fondamentaux solides ? Sur ce segment, nous privilégions la gestion active, qui permet de sélectionner les meilleures entreprises et qui, entre les mains des meilleurs gérants, surperforme régulièrement son indice de référence.
Nous orientons également nos investisseurs vers certains hedge funds américains, qui offrent une meilleure maîtrise de la volatilité du portefeuille. Cependant, ces fonds restent encore difficiles d’accès, particulièrement en France.
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Cibler les marchés privés
Les marchés non cotés offrent des perspectives d’investissement très larges. Aux Etats-Unis, les créations d’entreprises sont trois fois plus nombreuses qu’en Europe et le private equity y est beaucoup plus actif.
Investir dans des fonds non cotés permet donc à la fois de s’exposer aux Etats-Unis et au perspectives de performances élevés de cette zone mais également de diversifier son patrimoine
Chez Sapians, nous sélectionnons les meilleurs fonds américains permettant à nos clients de s’exposer aux marchés privés US, en private-equity et en dette privée, aux meilleures conditions. Pour les découvrir sur notre plateforme, créez votre compte en quelques minutes.
Investir en dollar
Une autre façon de s’exposer au marché américain est d’investir en dollar. L’investisseur pourra soit libeller ses fonds dans cette devise, via des ETF ou des fonds actifs par exemple, soit acheter directement des devises.
Une autre façon s’exposer à cette monnaie est de libeller son contrat d’assurance-vie Luxembourgeois en dollar. Ce mécanisme est possible au travers d’un FAS (Fonds d’Assurance Spécialisé), proposé par Sapians.
Malgré leur surperformance structurelle, les États-Unis ne sont pas infaillibles. L’Europe, sous-valorisée, et les marchés émergents, portés par une démographie dynamique, offrent un complément intéressant en termes de croissance et de décorrélation.
Nos conseils pour maîtriser le risque sur les marchés américains
Surveiller la cyclicité de la concentration
Les phases de concentration boursière sont souvent cycliques. Tant que la croissance des géants technologiques demeure réelle et que leurs valorisations ne deviennent pas excessives, le risque d’une chute brutale reste limité. Toutefois, un investisseur prudent veillera à ne pas surpondérer à l’excès les mêmes valeurs.
En investissant de façon passive dans des ETF, vous subirez les effets de concentration mais profiterez également des ajustements automatiques des valorisations si le marché estime que c’est nécessaire. La concentration permet de bénéficier davantage des hausses de marché car les entreprises, secteurs d’activité et zone géographiques qui présentent les meilleures performances seront naturellement surpondérés dans les indices.
Pour réduire le risque de concentration, vous pouvez soit opter pour des ETF diversifiés (MSCI World et Emerging markets par exemple), soit des ETF équipondérés.
Combiner une gestion passive et active
Pour optimiser son allocation, il convient d'adopter une approche équilibrée, combinant gestion passive (ETFs) en cœur de portefeuille et gestion active sur une fraction plus ciblée de l'allocation cotée. L’équilibre à trouver au sein de ces deux stratégies appartient à chacun.
La gestion active permettra de s’exposer à des classes d’actif différentes (private equity, dette privée, infrastructures), et de rechercher des points d’entrée moins chers sur des valeurs de qualité (small et mid caps).
Composées d’entreprises souvent familiales ou entrepreneuriales, ces sociétés bénéficient d’une stabilité managériale et d’une vision de long terme. Historiquement, elles ont démontré une forte capacité de rebond lors des post-crises (bulle internet, crise financière de 2008), traduisant leur capacité à innover et à conquérir de nouveaux marchés.
Une fois la période de démembrement écoulée, vous commencerez à percevoir le paiement trimestriel des dividendes. Il n’y a pas de frais pour le nu-propriétaire lorsque l’usufruit prend fin.
Diversifier les zones géographiques
Face aux incertitudes politiques et macroéconomiques, cette stratégie de diversification internationale apparaît comme la meilleure réponse pour profiter de la croissance américaine, tout en préservant un potentiel d’appréciation ailleurs dans le monde. Après tout, investir, c’est avant tout anticiper les mutations majeures et s’y adapter avec méthode et sang-froid.
Si le marché américain est synonyme d’opportunités, l’Europe demeure, selon de nombreux analystes, sous-valorisée. Les ratios cours/bénéfices (PER) y sont souvent plus attractifs. Les marchés émergents peuvent également présenter des perspectives de croissance élevées et des valorisations attractives.
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