Découvrez l'analyse des marchés financiers du mois d'octobre avec Nour Bendimered dans 'Du côté du coté'.
Des marchés actions en folie
Malgré une année marquée par de nombreux chocs politiques et géopolitiques, les marchés actions ont connu une progression quasi-continue.
A fin octobre, les actions internationales enregistrent une progression de 20%, tirée principalement par les Etats-Unis. En effet, le S&P 500, l’indice des principales capitalisations boursières américaines progresse de 24% et enregistre ainsi sa troisième meilleure performance boursière depuis 1995.
Ces performances s’expliquent principalement par une bonne tenue de l’économie américaine, qui ne cesse de surprendre par sa résilience. Le marché de l’emploi reste robuste, le consommateur continue de bénéficier de gains de pouvoir d’achat et la désinflation va permettre à la Fed de poursuivre son desserrement monétaire.
En revanche, la situation est toujours morose en Europe, où les deux poids lourds que sont l’Allemagne et la France affichent une croissance et des perspectives peu réjouissantes.
Du coté des matières premières, on notera le parcours exceptionnel de l’or qui vole de record en record.

Au-delà de son caractère de valeur refuge, le métal jaune profite des achats massifs des banques centrales qui atteignent des records au premier semestre 2024. L’or surperforme ainsi les actions, avec une performance de 35% depuis le début de l’année.
Le pays vedette du mois : la Chine
Fin septembre, la Banque populaire de Chine a annoncé une série de mesures visant à stimuler le crédit et soutenir l’immobilier dans le but de raviver la confiance et relancer la consommation des ménages chinois.
Cette annonce a ensuite été complétée par un engagement ferme du Politburo* (*organe décisionnel central du Parti communiste chinois) à prendre des mesures budgétaires fortes. D’autres mesures devraient suivre, probablement après les élections américaines.
Le gouvernement chinois espère ainsi relancer sa croissance et atteindre sa cible de 5% pour 2024.
Les investisseurs ont très largement salué la nouvelle, l’indice CSI 300 a dans un premier temps progressé de 35% dans les jours qui ont suivi l’annonce, avant de subir quelques prises de bénéfices par la suite.
Les indices chinois sont ainsi en hausse de 18% YTD et surperforment le CAC 40 qui ne progresse que de 1%, pénalisé par le climat politique français.
Le terme à retenir : la concentration des indices
Depuis le début de l’année, la progression des indices provient essentiellement d’une poignée de valeurs qui surperforment et deviennent de plus en plus grosses au sein des indices.
C’est ce que l’on appelle la concentration.
L’une des manières de mesurer la concentration est d’observer le poids d’un groupe de valeurs au sein d’un indice, par exemple le top 10, et de suivre son évolution dans le temps.
Prenons par exemple le S&P 500 pour lequel le top 10 représente près de 36% de l’indice, un record historique.

Si cette concentration atteint un niveau historique aujourd’hui, elle ne nous semble pas pour autant préoccupante.
En effet, cette concentration s’explique naturellement par la surperformance économique exceptionnelle de quelques valeurs à très forte croissance. Cette surperformance économique se traduit alors naturellement par une surperformance financière qui vient augmenter le poids de ces valeurs dans les indices.
Ce contexte de forte concentration offre un terrain de jeu particulièrement exigeant pour les gérants actifs.
Par ailleurs, même si l’alpha existe (c’est-à-dire la surperformance vs. les indices), il est historiquement difficile à capturer sur les classes d’actifs efficientes telles que les actions large caps internationales.
Sur les classes d’actifs efficientes, face à un alpha rare, fugace et limité, nous restons convaincus que les ETF demeurent l’instrument à privilégier.
Quelles perspectives ?
Ces dernières semaines, les analystes ont ajusté leurs prévisions de croissance bénéficiaires pour le troisième trimestre, en Europe et aux Etats-Unis.
Si bien que nous abordons cette saison de publication avec des attentes modérées, ce qui laisse de la place à des surprises positives.
En résumé — octobre 2024
Une année de chocs politiques, et pourtant une hausse quasi continue des actions — avec un record de concentration des indices et un or qui surperforme tout.
- Actions internationales à +20 % depuis le début d'année ; S&P 500 à +24 %, sa troisième meilleure performance depuis 1995.
- L'or progresse de 35 %, porté par son statut de valeur refuge et par des achats records des banques centrales.
- La Chine annonce un plan de soutien au crédit et à l'immobilier : le CSI 300 bondit de 35 % en quelques jours, et termine à +18 % contre +1 % pour le CAC 40.
- Le top 10 du S&P 500 pèse 36 % de l'indice, un record historique, conséquence mécanique de la surperformance économique de ces sociétés.
- Les attentes de résultats du troisième trimestre ont été revues à la baisse, ce qui laisse de la place aux bonnes surprises.
Chez Sapians, sur les classes d'actifs efficientes où l'alpha est rare et fugace, l'ETF reste l'instrument que nous privilégions.
Questions fréquentes
Comment mesure-t-on la concentration d'un indice ?
En rapportant le poids de ses principales valeurs — le top 10, par exemple — à l'ensemble de l'indice, puis en suivant cette part dans le temps. Un investisseur indiciel doit connaître ce chiffre : c'est sa véritable exposition.
Une concentration record est-elle dangereuse ?
Pas en soi. Elle traduit ici la croissance économique réelle de quelques sociétés, non une bulle purement spéculative. Elle signifie en revanche que la performance du portefeuille dépend de moins de titres — un risque à connaître, pas nécessairement à fuir.
Qu'est-ce que l'alpha ?
La part de performance qu'un gérant obtient au-delà de son indice de référence. Il existe, mais il est rare et difficile à capturer durablement sur les marchés très suivis — d'où la préférence pour les ETF sur ces segments.
Pourquoi les banques centrales achètent-elles de l'or ?
Pour diversifier leurs réserves de change et réduire leur dépendance au dollar. Cette demande institutionnelle, peu sensible au prix, constitue un soutien structurel distinct des flux d'investisseurs privés.
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