Dans 'Du côté du coté' Nour Bendimered vous fait le bilan de ce mois de novembre assez tumultueux sur la scène internationale, qui a été positif tant pour les marchés actions qu’obligataires.

 

Les marchés US prennent le large

  • Les actions mondiales sont en hausse de +3,95%, portant la performance depuis le début de l’année à +21,55% sur l’indice MSCI World
  • Les taux d’intérêt long et courts ont baissé, profitant ainsi aux obligations
  • L’or reprend sa marche en avant et se rapproche de nouveau de ses plus hauts à 2 645 USD l’once.
  • Le Bitcoin a effleuré la barrière des 100K, avec une progression de +37,8% sur le mois de novembre

Du coté des actions, on notera toutefois une très forte dispersion entre les marchés américains et européens avec un écart de valorisation (22,4x SPX et 13,4x pour SXXP)  qui atteint des niveaux extrêmes mais qui semble justifié.

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En effet, les données macroéconomiques indiquent un renforcement de l’exceptionnalisme américain par rapport à l’Europe, et au reste du monde.

Les surprises économiques restent très largement positives aux Etats Unis, tandis qu’elles passent en territoire négatif sur le vieux continent. Pour la première fois depuis janvier, l’indice PMI des services passe en zone de contraction, pénalisé par la faiblesse de la confiance des ménages. Celle-ci est clairement plombée par les incertitudes politiques en France et en Allemagne. 

A noter, pour la première fois de son histoire, le taux d’emprunt français à 10 ans a dépassé celui de la Grèce, le pays le plus endetté d’Europe (2,98% contre 2,99% pour la Grèce).

Ces données d’activité montrent la fragilité persistante de l’économie européenne. Même si la baisse des taux de la BCE devrait aider l’activité dans les mois à venir, les risques sur la croissance sont clairement orientés à la baisse à court terme.


L'homme politique du mois : Donald Trump

La réélection de Donald Trump et l’anticipation de politique pro-business a provoqué un rallye sur les marchés américains.

Mais contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les valeurs de la Tech qui ont le plus performé : ce sont les valeurs bancaires qui ont été le plus plébiscitées par les investisseurs, anticipant une vague de dérégulations dont profiterait le secteur.

Ce rallye post élection s’est rapidement normalisé, les investisseurs prenant leurs bénéfices une fois l’euphorie retombée.

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Dans ce contexte, le bitcoin est finalement le seul Trump trade qui ne s’essouffle pas et pour lequel on voit apparaitre un nouveau type de FOMO, le FOMO Etatique !

Les termes à retenir : Bitcoin, blockchain, FOMO Etatique

Bitcoin est une monnaie numérique décentralisée, créée en 2009, qui fonctionne grâce à une technologie appelée blockchain, un registre public et sécurisé qui garantit la transparence et la confiance. 

Bitcoin possède de nombreuses caractéristiques fondamentales telles que la rareté ou l’infalsifiabilité, qui en font un potentiel étalon de la valeur au même titre que l’or. 

Et le résultat des élections américaines renforce la probabilité de voir le Bitcoin devenir progressivement un équivalent de l’or digital, avec la volonté du camp républicain de créer une réserve nationale stratégique constituée d’un million de Bitcoin.

Cette initiative américaine a créé un momentum qui pousse d’autres pays à vouloir appliquer la même stratégie : c’est notamment le cas du Brésil, qui vient également d’annoncer vouloir constituer une réserve stratégique de BTC.

Le rallye n’est donc probablement pas terminé pour le Bitcoin.


Quelles perspectives ?

A court terme, le découplage entre les marchés américains et le reste du monde devrait se poursuivre du fait de meilleures perspectives économiques et politiques. Et du côté des Etats-Unis plus spécifiquement, on devrait avoir une poursuite de la tendance initiée depuis l'élection de Donald Trump, à savoir un rattrapage des valeurs du S&P 493, c'est-à-dire le S&P 500 moins les 7 Magnifiques (Google, Apple, Meta, Amazon, Microsoft, Nvidia et Tesla).

 

 

En résumé — novembre 2024

Un mois porteur pour toutes les classes d'actifs, mais qui creuse un écart historique entre les États-Unis et une Europe fragilisée par ses incertitudes politiques.

  • MSCI World à +3,95 % sur le mois, +21,55 % depuis le début de l'année ; les taux baissent, ce qui profite aussi aux obligations.
  • Écart de valorisation extrême : 22,4x pour le S&P 500 contre 13,4x pour le Stoxx Europe 600.
  • Le PMI des services européen bascule en contraction pour la première fois depuis janvier ; le taux français à 10 ans dépasse le taux grec pour la première fois de son histoire.
  • Le rallye post-électoral américain profite surtout aux valeurs bancaires, pas à la tech, dans l'anticipation d'une dérégulation.
  • Le bitcoin frôle les 100 000 dollars (+37,8 % sur le mois), porté par le projet de réserve stratégique américaine et l'effet d'entraînement sur d'autres États.

Chez Sapians, un écart de valorisation aussi large entre deux zones n'est pas une anomalie à arbitrer mécaniquement : il reflète un écart réel de dynamique économique.

Questions fréquentes

Un marché moins cher est-il forcément plus attractif ?

Non. La décote européenne face aux États-Unis s'explique par une croissance plus faible, une exposition technologique moindre et un risque politique plus élevé. Une décote n'est une opportunité que si l'écart de fondamentaux se résorbe.

Que signifie le dépassement du taux grec par le taux français ?

Que le marché exige désormais une prime de risque plus élevée pour prêter à la France qu'à la Grèce sur dix ans. C'est un signal sur la trajectoire budgétaire et la stabilité politique, davantage que sur le niveau d'endettement lui-même.

Qu'appelle-t-on le « S&P 493 » ?

L'indice S&P 500 privé des sept plus grandes valeurs technologiques. La distinction sert à mesurer ce que fait le marché américain une fois retiré l'effet de concentration — et à identifier un éventuel rattrapage des autres secteurs.

Une réserve d'État en bitcoin change-t-elle la nature de l'actif ?

Elle renforcerait sa thèse d'« or numérique » en y ajoutant une demande structurelle et peu sensible au prix. Mais tant que ces projets restent des annonces, ils relèvent de l'anticipation — et la volatilité de l'actif, elle, est bien réelle.