Le mois d’octobre a été marqué par un choc géopolitique d’ampleur significative avec l’éclatement du conflit entre le Hamas et Israël, qui, au-delà du drame humanitaire, a ravivé les craintes de tensions inflationnistes dans un contexte où les données croissance ont surpris à la hausse.

Sur le plan économique, les données sont décevantes en Europe...

...Tant au niveau de la croissance que des indicateurs avancés PMI, tandis qu’aux Etats-Unis, l’économie continue d’impressionner par sa résilience et en Chine la situation semble enfin s’améliorer.

Correction des marchés

Début octobre, la robustesse de l’économie américaine a généré un vent de panique : les ventes au détail sont reparties à la hausse, les prix à la production et à la consommation ont continué d’accélérer, et le marché de l’emploi est resté tendu.

L’ensemble des marchés ont alors intégré le risque de voir les banques centrales poursuivre leur durcissement monétaire et procéder à de nouvelles hausses de taux directeurs.

Les marchés obligataires ont souffert, pénalisés par des taux en forte hausse, comme le 10 ans américain qui a dépassé momentanément le seuil de 5%, un plus haut depuis 2007. 

Impactés par cette remontée des rendements obligataires, les marchés actions ont quant à eux été particulièrement volatils et ont connu des prises de profit massives, avec un indice MSCI World terminant le mois en baisse de 3%.

Ce mouvement a fait entrer les actions mondiales en zone de correction avec une baisse cumulée de -10% depuis la fin juillet.

Cette confirmation de la fin du cycle de hausse de taux, couplée à des chiffres d’inflation inférieurs aux attentes et des publications micro de bonne facture ont généré un regain d’appétit pour le risque.

A mi-novembre, le rebond est significatif : le MSCI World a rebondi de 9% en l’espace de quinze jours.

Côté valeurs

Côté valeurs, on notera quelques lourdes déceptions, notamment en Europe.

Sanofi connaît la plus forte baisse de son histoire, avec une chute de -19% en séance au lendemain des résultats après avoir notamment annoncé se séparer de son pôle Santé Grand Public, dont fait partie le célèbre Doliprane.

Le danois Orsted, le leader mondial des énergies éoliennes offshore a quant à lui perdu 25% en séance après avoir annoncé de nouvelles dépréciations d’actifs et l’abandon de projets de fermes éoliennes au large des Etats Unis.

 


Quelles perspectives ?

En termes de perspectives, le scénario central reste celui d’un ralentissement de la croissance dans un contexte de taux durablement élevés.

Toutefois à court terme, le positionnement des investisseurs reste relativement défensif et les bonnes surprises pourraient continuer à alimenter un rebond technique en fin d’année.

 

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En résumé — novembre 2023

Deux mouvements opposés en quelques semaines : une correction déclenchée par la crainte de nouvelles hausses de taux, suivie d'un rebond brutal dès que cette crainte s'est dissipée.

  • Le taux à 10 ans américain dépasse momentanément 5 %, un plus haut depuis 2007, et fait souffrir l'ensemble des marchés obligataires.
  • Les actions mondiales entrent en zone de correction : −10 % depuis fin juillet, MSCI World en baisse de 3 % sur le mois.
  • Puis retournement : inflation inférieure aux attentes et bons résultats d'entreprises font rebondir le MSCI World de 9 % en quinze jours.
  • Deux chocs en Europe : Sanofi chute de 19 % en séance, sa plus forte baisse historique ; Ørsted perd 25 % après des dépréciations d'actifs.
  • Le conflit entre le Hamas et Israël ravive les craintes inflationnistes dans un contexte de croissance meilleure qu'attendu.

Chez Sapians, un aller-retour de cette violence en six semaines rappelle le coût réel de sortir du marché au mauvais moment.

Questions fréquentes

À partir de quand parle-t-on de « correction » ?

Par convention, dès qu'un indice recule de 10 % par rapport à son plus haut récent. Au-delà de 20 %, on parle de marché baissier. Ces seuils sont des repères de langage, pas des signaux d'action.

Pourquoi la hausse des taux fait-elle baisser les actions ?

Par deux canaux : elle renchérit le financement des entreprises, et elle rend les obligations plus attractives en comparaison, ce qui détourne une partie des flux. Les valeurs de croissance, dont les bénéfices sont lointains, y sont les plus sensibles.

Que signifie un rebond de 9 % en quinze jours ?

Que les meilleures séances succèdent souvent aux pires. C'est l'argument le plus solide contre le désinvestissement tactique : manquer une poignée de séances de rebond suffit à amputer durablement une performance de long terme.

Une chute de 19 % sur un titre comme Sanofi est-elle rattrapable ?

Cela dépend de sa cause. Une sanction liée à une décision stratégique — ici une scission — traduit un désaccord du marché sur la direction prise, pas nécessairement une dégradation des fondamentaux. Mais elle illustre le risque d'une ligne concentrée.