En cette fin de 1er semestre, 3 grands thèmes se détachent.
Aux Etats-Unis, nous observons un début de ralentissement économique tandis qu’en Europe nous constatons des signes encourageants de reprise. Mais du côté des marchés, c’est encore une fois les Etats-Unis qui surperforment, largement tirés par les valeurs technologiques boostées par l’IA.
Aux Etats-Unis
Nous observons des données contradictoires sur le front de la croissance, avec des indicateurs ISM qui pointent vers un ralentissement marqué tandis que les PMI restent bien orientées. Néanmoins, l’indicateur GDP Now de la Fed d’Atlanta, un modèle de prévision en temps réel de la croissance américaine, affiche une détérioration marquée.
Salaires et emploi : du côté du marché de l’emploi, les tensions continuent de s’apaiser, avec des créations d’emploi en net ralentissement, ce qui devrait permettre aux salaires de ralentir et donc d’affaiblir les tensions inflationnistes.
Le ralentissement économique prend peu à peu la place de l’inflation dans les préoccupations des investisseurs, et des banquiers centraux
Dans ses dernières prises de paroles, à Sintra et devant le Congrès, J powell a laissé entendre que les risques étaient désormais équilibrés et que la Fed ne devait plus se concentrer uniquement sur l’inflation, mais aussi sur les risques économiques. Des messages qui semblent annonciateurs de baisses de taux à venir, probablement dès septembre.
En Europe
Du coté des données macroéconomiques, nous avons de nombreux indicateurs qui viennent confirmer la tendance à la reprise économique de ces derniers mois
Le risque politique Français n’a que très légèrement contaminé les marchés européens. La configuration d’une assemblée sans majorité limite les risques systémiques pour les marchés, ce qui est positif pour les actifs européens non directement liés aux politiques publiques françaises. En effet, aucun camp n’a les marges de manœuvre pour implémenter des mesures budgétaires radicales, ni pour adopter une attitude de confrontation avec les autorités européennes.
Du côté des marchés
Nous avons un vrai découplage entre la tendance des indices américains qui ne cessent de battre des records, et les indices européens qui plafonnent.
Les indices américains, relativement chers en termes de valorisations, semblent toujours portés par la tendance de l’Intelligence artificielle et des perspectives de croissance bénéficiaire relativement soutenues.
La saison de résultat du Q2 qui s’ouvre dans les prochains jours pourrait être déterminante, avant une pause estivale et une rentrée chargée en actualités monétaires.
En résumé — juin 2024
Fin de premier semestre à contretemps : l'économie américaine ralentit pendant que l'Europe se redresse, mais ce sont les marchés américains qui battent des records.
- Signaux contradictoires outre-Atlantique : ISM en net ralentissement, PMI encore bien orientés, GDP Now de la Fed d'Atlanta en détérioration marquée.
- Les tensions sur l'emploi s'apaisent, ce qui devrait desserrer la pression salariale et donc inflationniste.
- À Sintra et devant le Congrès, Jerome Powell qualifie les risques d'« équilibrés » — un signal de baisse de taux, probablement dès septembre.
- En Europe, la reprise se confirme et le risque politique français reste circonscrit : une assemblée sans majorité limite les mesures budgétaires radicales.
- Découplage boursier : les indices américains enchaînent les records malgré des valorisations tendues, les européens plafonnent.
Chez Sapians, un écart durable entre la conjoncture et les cours rappelle que les marchés anticipent : ils ne décrivent pas le présent.
Questions fréquentes
ISM, PMI, GDP Now : que mesurent ces indicateurs ?
Les ISM et PMI sont des enquêtes auprès des directeurs d'achats, publiées très tôt dans le cycle ; le GDP Now de la Fed d'Atlanta estime en temps réel la croissance du trimestre en cours à partir des données déjà publiées. Ils se contredisent parfois — d'où l'intérêt de les lire ensemble.
Pourquoi un ralentissement de l'emploi est-il perçu comme une bonne nouvelle ?
Parce qu'un marché du travail moins tendu freine la progression des salaires, donc l'inflation, et donne aux banques centrales la marge nécessaire pour baisser leurs taux. La limite est étroite : trop de ralentissement bascule en récession.
L'instabilité politique française menace-t-elle les marchés européens ?
Dans la configuration décrite ici, non : une assemblée sans majorité empêche les mesures budgétaires radicales comme la confrontation avec Bruxelles. Le risque se concentre sur les actifs directement liés aux politiques publiques françaises.
Faut-il éviter un marché qui bat des records ?
Un record n'est pas un signal de retournement : par construction, un indice haussier en franchit régulièrement. Ce qui compte est le niveau de valorisation qui l'accompagne, car il détermine la sensibilité aux déceptions à venir.
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