Depuis quelques années, la crypto oscille entre deux récits. D'un côté l'actif spéculatif, la bulle, le casino. De l'autre la nouvelle classe d'actifs institutionnelle, l'or numérique, la brique de la finance de demain. À l'été 2026, la crypto envoie deux signaux opposés. Le Bitcoin se traite autour de 65 000 dollars, soit environ deux fois moins que ses plus hauts historiques, et juin a marqué le pire mois de sorties jamais enregistré sur les ETF Bitcoin. Au même moment, JP Morgan accepte le Bitcoin en collatéral et la quasi-totalité des grandes banques mondiales travaillent, en coulisses, sur les actifs numériques.

Pour décrypter ce grand écart, Aurore Perrin reçoit François Laviale, gérant crypto chez Alphacap Digital Assets. Cela fait plus de dix ans qu'il évolue dans cet univers, à une époque où défendre le Bitcoin pouvait vous faire passer pour un complotiste. Son métier consiste précisément à lire ce marché au-delà du bruit, en s'appuyant sur les échanges quotidiens de son équipe avec les plateformes, les banques et l'ensemble de l'écosystème.

Pourquoi ce sujet maintenant ? Parce que l'écart entre la perception du grand public, quasi absent (les recherches Google sur le terme « Bitcoin » sont proches de leurs plus bas), et la réalité des mouvements institutionnels n'a sans doute jamais été aussi large. Comprendre cet écart, c'est comprendre ce qui se joue vraiment sur cette classe d'actifs.

'Focus Marchés' est la série signée Sapians pour aider les investisseurs à décrypter les produits financiers et comprendre les grands mouvements de marchés.

Cet épisode existe aussi en version podcast sur toutes les plateformes d'écoute !

 

Au programme :


  • Où en est le marché crypto à l'été 2026, et comment interpréter la baisse des cours ?

  • La thèse du Bitcoin comme réserve de valeur tient-elle face à la volatilité de court terme ?

  • Que valent réellement les « Bitcoin Treasury Companies » qui accumulent du Bitcoin à crédit ?

  • Pourquoi le narratif institutionnel s'est-il déplacé vers la couverture contre la dévaluation monétaire ?

  • Comment intégrer la crypto dans un patrimoine sans déséquilibrer son allocation ?

  • Quel est le seul indicateur qu'un investisseur devrait vraiment suivre ?

En résumé :

Une baisse conjoncturelle, pas structurelle

La correction s'explique par des facteurs de court terme : les tensions géopolitiques, quelques « baleines » historiques qui ont vendu, et un report de capitaux du Bitcoin vers l'introduction en bourse de SpaceX. Sur le fond, l'environnement structurel reste, selon Alphacap Digital Assets, très favorable aux actifs numériques, d'où le choix de rester pleinement investi.

La vraie thèse institutionnelle : la couverture contre la dévaluation

Face à des États durablement incapables d'équilibrer leur budget, l'idée qui domine désormais chez les grands gérants, Larry Fink de BlackRock en tête, est celle du Bitcoin comme protection contre la perte de valeur de la monnaie. Un actif en quantité limitée dont l'émission ne dépend d'aucun acteur centralisé.

Une allocation raisonnable, concentrée sur les grandes valeurs

Pour un investisseur patrimonial, l'exposition se compte en quelques pour cent du patrimoine financier. Dans un régime de marché incertain, les grandes capitalisations (Bitcoin, éventuellement Ether) ont historiquement mieux résisté que les petites. Chez Sapians, la crypto s'envisage comme une brique d'un portefeuille diversifié et résilient.

Questions fréquentes

Le Bitcoin est-il vraiment une valeur refuge ?

Pas à court terme. Étant l'un des rares actifs liquides 24h/24 et 7j/7, le Bitcoin encaisse le stress des marchés au moment où les autres sont fermés, ce qui le fait baisser lors des tensions. François Laviale le décrit plutôt comme une protection de long terme contre la dévaluation monétaire, pas comme un abri sur dix jours.

Pourquoi le prix baisse-t-il alors que les banques achètent ?

Parce que la crypto reste un petit marché (moins de 2 000 milliards de dollars, plus petit qu'une grande valeur technologique) et encore dominé par les investisseurs particuliers. Les flux de ces derniers y ont donc un fort impact. Or leur attention s'est déplacée ailleurs, notamment vers l'IA et certaines introductions en bourse, pendant que la construction institutionnelle se fait plus discrètement.

Faut-il acheter des actions d'entreprises qui accumulent du Bitcoin ?

Prudence. Il faut distinguer une entreprise qui alloue quelques pour cent de sa trésorerie long terme au Bitcoin, ce qui peut être une diversification pertinente, des « Bitcoin Treasury Companies » qui se financent à crédit pour en acheter. Ces dernières fonctionnent avec un effet de levier : très créateur de valeur si le Bitcoin monte, potentiellement destructeur s'il baisse. Le lien n'est jamais mécanique.

L'intelligence artificielle a-t-elle un impact sur la crypto ?

Pas d'impact direct, mais des effets indirects. Certains mineurs de Bitcoin, constatant qu'ils pouvaient louer leur puissance de calcul plus cher à des acteurs de l'IA, ont réorienté une partie de leurs machines et vendu du Bitcoin pour financer ce virage. L'émission de Bitcoin, elle, reste contrôlée et inchangée dans le temps.

 

 

Attention : les performances passées ne préjugent pas des performances futures et investir comporte des risques de perte partielle ou totale en capital. Ce podcast est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Toute décision doit être adaptée à votre situation. Si vous souhaitez bénéficier de conseils personnalisés, veuillez créer votre compte ou prendre rendez-vous avec un conseiller Sapians.